La députée Isabelle Poulet demande au gouvernement de mieux soutenir le filet social du Québec
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| Image : Isabelle poulet |
COMMUNIQUÉ – La députée indépendante de Laporte, Isabelle Poulet, a pris la parole cet après-midi, à l’Assemblée nationale, afin de dénoncer le manque de considération et le sous-financement des organismes communautaires par le gouvernement de la CAQ. Pour l’occasion, elle était accompagnée de Martin Boire, directeur de la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil, et d’Aurélie Condrain-Morel, directrice générale du Centre d’action bénévole de Saint-Hubert, deux organismes de sa circonscription.
La députée s’explique mal que le gouvernement fasse la sourde oreille aux demandes des organismes de première ligne, dans un contexte économique difficile comme celui que nous vivons. Il s’agit d’une question de justice sociale, selon elle. « Les organismes communautaires sont en première ligne pour répondre aux besoins de nos citoyennes et citoyens et, en ce moment, les besoins sont criants, précise la députée. Le filet social créé par le milieu communautaire permet de réduire la charge de l’État. Présentement, plusieurs familles se tournent vers nos organismes même si les deux parents travaillent. De plus, les personnes âgées et les gens qui vivent seuls n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Le gouvernement ne peut se priver du travail accompli chaque jour par ces hommes et ces femmes qui se dévouent pour aider les autres. Il ne doit pas non plus les tenir pour acquis. Ils sont épuisés. » Bien consciente que les moyens de l’État ne sont pas illimités, Mme Poulet souhaite que le gouvernement comprenne qu’un meilleur financement de la mission des organismes, qui implique un traitement plus équitable pour celles et ceux qui détiennent l’expertise, permettra au Québec d’économiser des sommes importantes. En effet, les citoyennes et citoyens qui reçoivent un service de première ligne, de l’accompagnement et du soutien sont moins à risque de devoir se tourner vers l’État pour les soutenir.
Pour Martin Boire, directeur de la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil, le cœur du problème se trouve dans le salaire que les organismes communautaires peuvent offrir à leur personnel, qui est majoritairement composé de femmes. Selon lui, avec une moyenne de 24,29 $/h pour un temps complet et de 21,38 $/h pour un temps partiel, la rémunération est insuffisante. De plus, 54 % des organismes n’offrent pas d’assurance collective à leur personnel, faute de moyens, et 57 % ne peuvent donner accès à un régime de retraite. « Le milieu communautaire aide les personnes les plus vulnérables de nos communautés. Il faut des personnes compétentes pour les soutenir, et un financement suffisant de leur mission pour attirer les talents, précise M. Boire. Je trouve déplorable de voir des personnes, souvent des femmes, consacrer leur vie à aider la communauté et être condamnées à devenir les prochaines utilisatrices des banques alimentaires en raison de leurs mauvaises conditions salariales. » M. Boire trouvait important d’être à l’Assemblée nationale aujourd’hui afin d’être la voix de l’ensemble du personnel des 120 organismes qu’il représente.
Les organismes communautaires sont de plus en plus sollicités et doivent souvent refuser des demandes en raison du manque de ressource. C’est d’ailleurs la situation vécue par le Centre d’action bénévole de Saint-Hubert, où Aurélie Condrain-Morel travaille à titre de directrice générale depuis maintenant neuf ans. À son arrivée, l’organisme préparait environ 9 000 repas par année pour les personnes aînées. Neuf ans plus tard, c’est plus de 30 000 repas qui sont livrés, et l’organisme doit malheureusement refuser de nombreuses demandes, faute de moyens. « Les besoins augmentent chaque année et j’ai de plus en plus de personnes qui font appel à nos services, mais je n’ai pas les ressources pour répondre à cette croissance, déplore Mme Condrain-Morel. Chaque fois qu’un organisme coupe un service, faute de financement, ce sont tous les organismes communautaires qui en paient le prix. » La directrice générale déplore également les piètres conditions offertes aux membres du personnel de son secteur, dans lequel on observe un taux de roulement de 34 %. « Le taux de roulement est considérable dans nos organismes, si bien que nous sommes constamment en recrutement. Comme directrice générale, ça m’épuise, mais ça vient aussi fragiliser notre offre de services à la population », conclut-elle.
Isabelle Poulet trouvait important d’offrir une tribune à tous les membres du personnel du secteur communautaire. Elle espère que le gouvernement entendra ce cri du cœur et qu’il bonifiera, dès son prochain budget, les sommes accordées à ce secteur essentiel.

